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JMJ: "merci pour la messe traditionnelle", proclame Juventutem
Par Catherine COROLLER
17-08-2005 10:26:00

"Merci pour la messe traditionnelle" clame une banderole entreposée sur le trottoir devant l'église Saint-Antoine à Düsseldorf. En espagnol et ... en latin, la langue des partisans du rite catholique d'avant Vatican II.
C'est la première fois que les traditionalistes ont une délégation officielle aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Ils sont regroupés dans Juventutem ("jeunesse" en latin), rassemblant notamment l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, la Fraternité Saint-Pierre ou la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, et ils sont soutenus par l'évêque de Campos (Brésil), Mgr Fernando Arias Rifan.
Aux JMJ de la ville rhénane, où la Fraternité Saint-Pierre dispose d'une maison depuis près de dix ans, Juventutem emmène sous son drapeau blanc frappé d'un ostensoir doré un millier de jeunes, contre deux à trois cents pour les JMJ précédentes qui y allaient souvent pour le week-end seulement.
Autour de l'église Saint-Antoine, l'ambiance est un peu plus guindée qu'ailleurs: les prêtres portent la soutane, les garçons ont le cheveu ras et les filles des tenues sages voire des jupes --une rareté dans des JMJ plutôt jean/baskets.
A l'intérieur, la messe est en latin, selon le rite du missel de Jean XXIII (1962) où la prière sur les "juifs perfides" avait toutefois été supprimée, ceci avant le concile Vatican II (1962/65) qui a modernisé la liturgie avec l'abandon du latin.
Les vêpres y seront célébrées solennellement cette semaine par des éminences comme le cardinal George Pell, archevêque de Sydney, ou surtout le cardinal nigérian Francis Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Une rencontre est prévue avec Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France.
"C'est la première fois que nous sommes aux JMJ en tant que mouvement traditionnel", explique l'abbé Armand de Malleray, délégué général pour Juventutem. "Je pense que cela a porté des fruits".
"C'est une belle aurore qui se lève", renchérit l'abbé Renaud de Cazenove, 25 ans, "on va essayer de transformer l'essai".
Benoît XVI, attendu jeudi aux JMJ, avait célébré quand il était encore le cardinal Joseph Ratzinger la messe à Pâques 1990 selon le rite traditionnel dans la maison de la Fraternité Saint-Pierre en Bavière, rappelle l'abbé de Malleray qui tient néanmoins à rendre hommage à Jean Paul II, en soulignant que Juventutem a été lancé en mars 2004 bien avant sa mort.
"On suppose que le pape ne va pas aller contre ce qu'a fait son prédécesseur", poursuit-il, "il nous connaît bien de l'intérieur, lui pourra juger si ce que nous représentons est quelque chose à encourager ou pas".
Les traditionalistes, attachés à rester dans l'Eglise contrairement aux schismatiques qui ont suivi l'évêque intégriste Mgr Marcel Lefebvre, tiennent au latin car "c'est la langue de l'Eglise".
D'ailleurs aux JMJ, maronites et Ukrainiens uniates ont aussi leurs propres messes différentes du rite romain réformé. "C'est un signe de diversité plutôt positif", estime l'abbé de Malleray.
Venu du Bénin, séminariste de l'Institut du Christ Roi, Judicaël Soares, 27 ans, pense qu'il faut surtout "retrouver l'identité catholique" car "l'Europe est malade".
"On sent que le temps coûte très cher ici. Si on pouvait l'utiliser un peu pour Dieu ce serait la résurrection de l'Europe", dit cet Africain qui trouve "écoeurant" de voir des jeunes s'embrasser jusque dans des églises et s'étonne qu'à la messe "on ne voit que des gens aux cheveux blancs".